Diagnostics immobiliers27 juillet 202613 min de lecture

État des nuisances sonores aériennes (ENSA) : obligation, PEB et vérification

L'état des nuisances sonores aériennes (ENSA) est obligatoire à la vente et à la location d'un logement situé dans le périmètre d'un plan d'exposition au bruit (PEB) d'aéroport. Guide 2026 : définition, zones A, B, C, D, durée de validité de 6 mois, sanctions en cas d'absence, méthode gratuite pour vérifier une adresse sur Géorisques, lien avec l'état des risques (ERP) et automatisation de la vérification par API.

Illustration isométrique 3D teal d'une maison près d'une piste d'aéroport, entourée de zones de bruit concentriques A, B, C, D, sur fond navy

Depuis le 1er juin 2020, un logement situé près d'un aéroport ne peut plus être vendu ni loué sans informer l'acquéreur ou le locataire du bruit des avions. Cette obligation prend la forme d'un document précis : l'état des nuisances sonores aériennes (ENSA), parfois appelé « diagnostic bruit ». Il concerne tous les biens compris dans le périmètre d'un plan d'exposition au bruit (PEB) d'aérodrome, soit plusieurs centaines de milliers de logements en France, autour de Roissy, Orly, Nice, Lyon-Saint-Exupéry, Toulouse, Marseille ou de nombreux aérodromes régionaux. Ce guide explique ce qu'est l'ENSA, la logique des zones A, B, C et D du PEB, dans quels cas ce document est obligatoire, comment vérifier gratuitement si une adresse est concernée sur les sources officielles, sa place à côté de l'état des risques et pollutions (ERP), et comment automatiser cette vérification par API pour les professionnels.

ENSA et PEB : de quoi parle-t-on ?

L'état des nuisances sonores aériennes est un document d'information réglementaire. Il ne mesure rien sur place : il indique simplement qu'un bien immobilier se trouve dans une zone exposée au bruit des avions, définie à l'avance par un plan officiel. Son objectif est de garantir la transparence : un futur acquéreur ou locataire doit savoir, avant de s'engager, qu'il achète ou loue sous une trajectoire aérienne.

Pour comprendre l'ENSA, il faut d'abord comprendre le plan d'exposition au bruit (PEB). Le PEB est un document d'urbanisme établi par l'État autour de chaque aérodrome, annexé au plan local d'urbanisme (PLU) de la commune. Il anticipe le développement du trafic aérien sur un horizon de 15 à 20 ans et délimite, sur une carte, les secteurs où le bruit des avions est significatif. À l'intérieur de ces secteurs, le PEB limite ou interdit la construction de nouveaux logements, pour éviter d'exposer davantage de population au bruit. C'est un document opposable, qui prime sur le PLU en matière de constructibilité.

Point clé : le PEB est la carte officielle du bruit aérien autour d'un aéroport ; l'ENSA est le document qui, lors d'une vente ou d'une location, informe que le bien se trouve dans l'une des zones de cette carte.

Attention à ne pas confondre le PEB avec le plan de gêne sonore (PGS). Le PGS, lui, sert à financer l'aide à l'insonorisation des logements existants ; il ne conditionne pas l'ENSA. C'est bien le PEB — et lui seul — qui déclenche l'obligation d'établir un état des nuisances sonores aériennes.

Les zones A, B, C et D du PEB

Le PEB découpe l'espace autour de l'aérodrome en quatre zones, de la plus exposée à la moins exposée, mesurées par l'indice Lden (Level day-evening-night), qui traduit le niveau de bruit moyen sur une journée en pondérant davantage les vols du soir et de la nuit.

ZoneNiveau de bruitIndice LdenConstructibilité
Zone ABruit très fortLden ≥ 70Construction de logements quasi interdite
Zone BBruit fortLden entre 62 et 65Construction très limitée
Zone CBruit modéréLden entre 55 et 57Construction encadrée
Zone DBruit plus faible mais réelLden ≥ 50Construction autorisée avec isolation acoustique renforcée

La zone D mérite une attention particulière. Elle n'est obligatoire que sur les plus grandes plates-formes aéroportuaires (Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly, et quelques autres). Elle ne restreint quasiment pas la construction, mais impose une isolation acoustique renforcée des bâtiments neufs et, surtout, elle déclenche l'obligation d'ENSA au même titre que les zones A, B et C. Autrement dit, un logement en zone D, où le bruit reste perceptible sans être intense, doit lui aussi faire l'objet d'un état des nuisances sonores aériennes.

Une adresse peut donc être concernée par l'ENSA sans être survolée en permanence par des gros-porteurs : la simple appartenance à l'une des quatre zones, même la plus éloignée, suffit à rendre le document obligatoire.

Un document obligatoire à la vente et à la location

L'ENSA relève de la même logique d'information des acquéreurs et locataires (IAL) que l'état des risques. Il est obligatoire dès lors que le bien se situe dans l'une des zones A, B, C ou D d'un PEB approuvé, quelle que soit la nature du bien (maison, appartement, terrain à bâtir).

Vente

Pour une vente, l'état des nuisances sonores aériennes doit être annexé à la promesse ou au compromis de vente, puis à l'acte authentique signé chez le notaire. L'acquéreur doit disposer de l'information avant de s'engager. Le document fait partie, en pratique, du dossier d'information remis avec les autres diagnostics immobiliers obligatoires pour une vente.

Location

Pour une location, l'ENSA doit être joint au contrat de bail lors de sa signature, y compris pour un renouvellement. L'obligation s'applique aux logements vides comme meublés, résidence principale ou secondaire.

Qui doit le fournir ?

La responsabilité incombe au vendeur ou au bailleur, exactement comme pour l'état des risques. Ce n'est pas un diagnostic technique nécessitant le passage d'un professionnel certifié : l'ENSA repose sur une information publique (le zonage du PEB) que le propriétaire peut renseigner lui-même à partir des sources officielles. Beaucoup de diagnostiqueurs l'intègrent toutefois à leur pack de diagnostics, souvent au sein de l'état des risques, moyennant un supplément parfois facturé alors que l'information est gratuite.

Durée de validité

Comme l'ERP, l'état des nuisances sonores aériennes a une durée de validité de 6 mois. Le document annexé à l'acte de vente ou au bail doit dater de moins de six mois au moment de la signature. Au-delà, il faut le régénérer — une opération gratuite et immédiate lorsqu'on utilise les outils officiels. La logique est identique à celle détaillée dans notre article sur la durée de validité de l'état des risques.

Que risque-t-on en l'absence d'ENSA ?

Omettre l'état des nuisances sonores aériennes n'est pas anodin. Si le document manque ou est périmé, l'acquéreur qui découvre après coup l'exposition au bruit peut se retourner contre le vendeur : selon les cas, il peut demander une réduction du prix de vente ou, dans les situations les plus graves, la résolution de la vente. Pour une location, le locataire peut invoquer un défaut d'information. La règle est la même que pour tout manquement à l'obligation d'information sur les risques : mieux vaut fournir un document à jour que s'exposer à un contentieux.

À retenir : l'ENSA est obligatoire dès qu'une adresse figure dans une zone A, B, C ou D d'un PEB, à la vente comme à la location, avec une validité de 6 mois. Il est de la responsabilité du vendeur ou du bailleur, et l'information de base est gratuite.

Vérifier gratuitement si une adresse est concernée

Savoir si un logement est inclus dans un plan d'exposition au bruit, et dans quelle zone, est gratuit et repose sur des sources publiques. Voici la méthode pas à pas.

1. Le portail Géorisques

Le site officiel Géorisques, édité par l'État, recense le plan d'exposition au bruit parmi les informations consultables pour une adresse. En saisissant l'adresse du bien, vous voyez si elle est située dans le périmètre d'un PEB et, le cas échéant, la zone concernée, aux côtés des autres risques (inondation, sismicité, argiles, radon). Pour tirer le meilleur parti de l'outil, consultez notre guide Géorisques, c'est quoi et comment l'utiliser.

2. L'outil Errial pour générer le document

L'outil officiel Errial (errial.georisques.gouv.fr) génère gratuitement l'état des risques d'une adresse et intègre l'information relative aux nuisances sonores aériennes lorsqu'un PEB concerne le bien. C'est la voie la plus simple pour obtenir un document daté à annexer au compromis ou au bail, sans passer par un prestataire payant. La marche à suivre est détaillée dans notre article comment obtenir un état des risques.

3. Le Géoportail de l'IGN

Le Géoportail de l'IGN publie la cartographie des plans d'exposition au bruit. Il permet de visualiser précisément le tracé des zones A, B, C et D autour d'un aérodrome et de situer une parcelle par rapport à ces limites — utile lorsque l'adresse se trouve en bordure de zone.

4. La mairie

Le PEB étant annexé au plan local d'urbanisme, la mairie est l'interlocuteur de référence pour confirmer l'appartenance d'une parcelle à une zone et connaître les règles de constructibilité et d'isolation applicables. Le service urbanisme peut délivrer une information officielle sur la situation d'un terrain.

Astuce : commencez toujours par Géorisques pour l'aperçu global, puis générez le document daté avec Errial. La mairie et le Géoportail servent à trancher les cas limites, en bordure de zone.

ENSA, état des risques et diagnostic acoustique : ne pas confondre

Trois notions se ressemblent et sont souvent mélangées. Les distinguer évite bien des erreurs.

L'état des risques et pollutions (ERP) informe sur les risques naturels, miniers et technologiques (inondation, sismicité, argiles, radon, ICPE, pollution des sols…) et sur les arrêtés de catastrophe naturelle. C'est le document central de l'information des acquéreurs et locataires. L'ENSA, lui, porte exclusivement sur le bruit aérien lié aux aérodromes ; en pratique, l'information sur les nuisances sonores aériennes est souvent restituée avec l'état des risques via Errial, mais il s'agit bien d'une obligation distincte, née de la loi ELAN et applicable depuis juin 2020.

Le diagnostic acoustique, enfin, n'a rien à voir : c'est une mesure technique de l'isolation phonique d'un logement, réalisée par un professionnel avec des instruments. L'ENSA ne mesure pas le bruit à l'intérieur du bien : il constate seulement son appartenance à une zone de PEB. Ne pas confondre non plus avec la simple mention obligatoire de l'état des risques dans les annonces immobilières, qui doit d'ailleurs signaler l'exposition au bruit lorsque le bien est en zone de PEB.

Aides à l'insonorisation

Bonne nouvelle pour les propriétaires concernés : autour des grands aéroports, un dispositif d'aide à l'insonorisation financé par les compagnies aériennes (via la taxe sur les nuisances sonores aériennes) permet de faire prendre en charge une large part des travaux d'isolation phonique des logements situés dans le plan de gêne sonore. L'exploitant de l'aéroport gère ces demandes. Se renseigner sur ce dispositif est pertinent avant d'acheter un bien exposé, car il peut réduire fortement le coût du confort acoustique.

Effet sur la valeur du bien

L'exposition au bruit aérien peut peser sur le prix, surtout dans les zones A et B. Plutôt que de raisonner sur des impressions, il est plus fiable de croiser l'exposition au bruit avec les prix de transaction réels du secteur, accessibles via les données DVF de l'API ImmoAPI, pour objectiver un éventuel écart de prix et négocier sur des bases solides.

Automatiser la vérification par API

Vérifier le plan d'exposition au bruit d'une seule adresse sur Géorisques est simple. Mais pour un professionnel — agence, notaire, diagnostiqueur, plateforme immobilière, logiciel métier — qui traite des dizaines ou des centaines d'adresses, la consultation manuelle, zone par zone et risque par risque, devient vite ingérable et source d'oublis coûteux.

C'est ce que résout RisquesAPI : en un seul appel, l'API renvoie pour une adresse l'ensemble des informations réglementaires — plan d'exposition au bruit (PEB), risques naturels (inondation, mouvements de terrain, retrait-gonflement des argiles, séisme), radon, risques technologiques, ICPE, pollution des sols, arrêtés de catastrophe naturelle — au format structuré, et génère automatiquement l'état des risques (ERP) conforme, prêt à annexer, avec l'information sur les nuisances sonores aériennes.

Le détail des champs de réponse figure dans notre documentation API. Si vous travaillez avec un assistant IA, notre serveur MCP permet d'interroger les informations d'une adresse en langage naturel, sans écrire de code. Les quotas et tarifs sont sur la page Tarifs : 100 requêtes par jour gratuites, sans inscription. Pour la récupération programmatique des données sources officielles, notre guide API Géorisques détaille l'intégration.

L'état des nuisances sonores aériennes est un document simple sur le principe — appartenir ou non à une zone de PEB — mais à ne pas oublier dès qu'un aéroport est proche. Pour un projet unique, Géorisques et Errial suffisent à vérifier et générer le document gratuitement. Pour fiabiliser et automatiser la vérification à grande échelle, explorez notre documentation API et démarrez gratuitement.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'état des nuisances sonores aériennes (ENSA) ?+

L'état des nuisances sonores aériennes est un document d'information obligatoire depuis le 1er juin 2020, à fournir lors de la vente ou de la location d'un logement situé dans le périmètre d'un plan d'exposition au bruit (PEB) d'aérodrome. Il informe l'acquéreur ou le locataire que le bien se trouve dans une zone exposée au bruit des avions et précise la zone concernée (A, B, C ou D), le nom de l'aérodrome à l'origine du PEB et l'existence éventuelle d'obligations d'isolation acoustique. Il ne mesure pas le bruit sur place : il constate l'appartenance à une zone définie par un plan officiel.

L'ENSA est-il obligatoire à la vente et à la location ?+

Oui, dans les deux cas. L'état des nuisances sonores aériennes est obligatoire dès qu'un bien se situe dans l'une des zones A, B, C ou D d'un plan d'exposition au bruit approuvé. Pour une vente, il est annexé à la promesse ou au compromis puis à l'acte authentique. Pour une location, il est joint au contrat de bail, y compris lors d'un renouvellement. L'obligation s'applique aux maisons, appartements et terrains à bâtir, en résidence principale comme secondaire.

Comment savoir si mon logement est concerné par un PEB ?+

La vérification est gratuite. Saisissez l'adresse du bien sur le portail officiel Géorisques (georisques.gouv.fr) : il indique si l'adresse est située dans le périmètre d'un plan d'exposition au bruit et dans quelle zone. Vous pouvez générer le document daté via l'outil officiel Errial, consulter la cartographie des PEB sur le Géoportail de l'IGN, ou demander confirmation au service urbanisme de la mairie, le PEB étant annexé au plan local d'urbanisme (PLU).

Quelle est la durée de validité de l'ENSA ?+

L'état des nuisances sonores aériennes est valable 6 mois, comme l'état des risques et pollutions. Le document annexé à l'acte de vente ou au contrat de bail doit dater de moins de six mois au moment de la signature. S'il est plus ancien, il faut le régénérer, ce qui est gratuit et immédiat en utilisant les outils officiels Géorisques et Errial.

Qui doit établir l'état des nuisances sonores aériennes ?+

La responsabilité incombe au vendeur ou au bailleur, comme pour l'état des risques. Ce n'est pas un diagnostic technique nécessitant un professionnel certifié : l'ENSA repose sur une information publique et gratuite (le zonage du PEB) que le propriétaire peut renseigner lui-même via Géorisques et Errial. Certains diagnostiqueurs l'intègrent à leur pack de diagnostics moyennant un supplément, alors que l'information de base est accessible gratuitement.

Combien coûte un état des nuisances sonores aériennes ?+

L'information est gratuite : elle provient du plan d'exposition au bruit, un document public, et le document peut être généré sans frais via l'outil officiel Errial ou renseigné à partir de Géorisques. Certains diagnostiqueurs le facturent lorsqu'il est intégré à un pack de diagnostics payants, mais rien n'oblige à passer par un prestataire pour un état des nuisances sonores aériennes, qui n'exige aucune mesure sur place.

Quelle différence entre l'ENSA et l'état des risques (ERP) ?+

L'état des risques et pollutions (ERP) informe sur les risques naturels, miniers et technologiques (inondation, sismicité, argiles, radon, ICPE, pollution) et sur les catastrophes naturelles. L'état des nuisances sonores aériennes (ENSA) porte uniquement sur le bruit des avions lié aux aérodromes. Ce sont deux obligations distinctes, mais l'information sur le bruit aérien est en pratique souvent restituée avec l'état des risques via l'outil Errial. Aucun des deux ne se confond avec un diagnostic acoustique, qui mesure l'isolation phonique réelle d'un logement.

Peut-on obtenir de l'aide pour insonoriser un logement près d'un aéroport ?+

Oui, autour des grands aéroports. Un dispositif d'aide à l'insonorisation, financé par la taxe sur les nuisances sonores aériennes payée par les compagnies, permet de faire prendre en charge une part importante des travaux d'isolation phonique des logements situés dans le plan de gêne sonore (PGS). Les demandes sont gérées par l'exploitant de l'aéroport. Ce dispositif, distinct de l'ENSA, mérite d'être vérifié avant d'acheter un bien exposé au bruit aérien.

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